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Fibrome: Serais-je Maman un jour?

Je vous retrouve aujourd’hui pour un billet beaucoup moins futile et drôle que d’habitude. C’est un billet que j’ai longuement réfléchi et honnêtement je ne savais pas si un jour je trouverais 1. le courage de l’écrire et 2. si je le posterais… Mais bon, je me dis, comme quand je vous ai parlé du syndrome de l’intestin irritable (voir ici), que mes mots pourront peut être aider certaines d’entre vous… Alors aujourd’hui, je prends mon courage à demain pour vous ouvrir mon cœur et vous parler d’une des plus dures épreuves qu’il m’ait été donné de vivre jusqu’à présent: mon fibrome.

Depuis le 10 Février 2017, je sais que j’ai un gros fibrome de 8 cm sur 9 cm planté au beau milieu de mon utérus et depuis ce jour, une partie de mon petit monde tout rose s’est écroulé.

Avant de commencer à tout vous raconter, je tiens à mettre les choses au clair, même si j’ai la chance d’avoir des lectrices bienveillantes, je n’écris pas cet article pour exposer ma vie ou me faire plaindre… Si je le fais c’est uniquement parce que quand tout ça m’est tombé dessus, j’ai fait des recherches sur Internet et à part des scénarios catastrophes lus sur Doctissimo, je n’ai pas trouvé beaucoup de témoignages intéressants qui pourraient m’aider.

J’écris ces lignes uniquement dans ce but. Point.

Fibrome: l’annonce

Commençons par le commencement. Dans le courant de l’été 2016, j’ai commencé à avoir d’importantes migraines chaque mois et des règles hémorragiques (non règles n’est pas un gros mot, c’est totalement naturel!), chose qui ne m’était jamais arrivé auparavant.

J’avais un rendez-vous chez ma gynéco en Septembre donc j’ai patienté, pensant que ça allait peut être passer.

Lors de ce rendez-vous, ma gynéco m’a dit que c’était certainement hormonal et dû au stress (j’avais perdu mon papa un an avant). Il n’y avait donc pas à s’inquiéter, tout allait rentrer dans l’ordre un peu plus tard…

Sauf que non, rien n’est rentré dans l’ordre et tout a même empiré.

Les migraines étaient atroces et chaque mois les hémorragies recommençaient et me fatiguaient de plus en plus… et puis, vous me connaissez, je ne suis pas du genre à ralentir la cadence, même quand ça ne va pas et que je dois sortir de chez moi avec un pantalon de rechange…

Jusqu’au jour où, totalement épuisée, j’ai décidé de retourner voir ma gynéco.

J’ai insisté en lui disant que ce n’était plus supportable et elle m’a enfin fait une échographie.

Lors de l’examen, elle me dit « Ah mais je ne m’attendais pas à ça! »… Là moi, paniquée, je lui dis, « qu’est ce que j’ai? » Elle me répond « vous ne voyez pas? »…

J’avais bien un écran noir et blanc en face de moi avec ce que je devinais être mon utérus mais, non, je ne voyais pas…

« Vous avez un très gros fibrome! »

Et là, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée… Je me voyais déjà mourir à 35 ans…

Je me suis rhabillée et elle m’a rapidement expliqué, entre deux coups de fils personnels, que le fibrome n’était pas mortel mais qu’il y avait de fortes chances pour que l’on doive me retirer l’utérus… Ce qui veut dire ne jamais avoir d’enfant…

Si vous voulez la définition exacte du fibrome, cliquez ici.

Fibrome: Digérer les informations

Je suis sortie de ce rendez-vous avec la tête qui me tournait, mon monde qui s’écroulait, la peur au ventre et une ordonnance pour une nouvelle pilule et pour passer une IRM dans la main.

Ensuite, il a fallu que j’annonce la nouvelle à mon chéri qui a été exemplaire comme d’habitude et m’a dit qu’il fallait passer cet examen avant de penser à la suite.

Mais moi, je ne pouvais pas… Je suis passé par les mêmes états que pour un deuil.

J’ai d’abord été sous le choc. Ensuite, est venu le déni, je n’avais rien.

J’ai été en colère, contre la terre entière je crois… Pourquoi moi?

Ensuite est venue la dépression qui a duré très longtemps sans que jamais je n’en parle et maintenant j’en suis à l’acceptation et à la reconstruction.

Au tout début, je me suis jetée sur internet pour recueillir le maximum d’informations et chercher s’il y avait des méthodes naturelles pour faire diminuer les fibromes.

J’ai bu du jus d’aloe vera le matin à jeun, j’ai pris des capsules d’huile d’onagre et de bardane, j’ai mangé des fruits hors de prix… Et rien n’a changé malheureusement.

Ma gynéco m’a changé ma pilule pour bloquer mes règles et que je n’ai plus d’hémorragies ni de migraines. ça a très bien fonctionné sauf pour le dérèglement hormonal dont je vous ai déjà parlé ici.

Comme je n’avais plus de symptôme, dans ma tête, j’ai fait un énorme déni et j’ai refusé de passer l’IRM.

Tout allait rentrer dans l’ordre naturellement…

Fibrome: la prise de conscience

Ce n’est qu’en fin d’année dernière que la prise de conscience est arrivée.

Je ne pouvais pas rester comme ça indéfiniment à me dire que non, je n’avais rien, et à angoisser la nuit en me disant que je ne pourrai peut être jamais avoir d’enfant.

Fonder une famille… J’avoue qu’avant de savoir que je ne pourrais peut être pas, la question ne m’avait pas effleuré l’esprit… Un peu avec la pression sociale et les années qui passent… Mais ce n’était pas un sujet prioritaire… D’abord finir les travaux de la maison et ensuite on verra…

Mais quand je me suis retrouvée au pied du mur avec ce ventre et cet utérus qui resteraient peut être vides à jamais, je me suis sentie comme inutile (ce qui est, avec le recul, totalement idiot car être une femme ne se résume pas seulement à être un ventre pour enfanter…).

Je crois que dans mon entourage, j’ai réussi une fois de plus à donner le change et à paraître forte, voir limite indifférente… Je n’ai craqué qu’une seule fois devant mon chéri, à l’annonce de la grossesse d’une de nos amies, sinon, les larmes ont coulé toujours en silence, la nuit.

Toujours est-il qu’en fin d’année 2017, le nom d’un bon professeur en poche conseillé par une de mes amies, j’ai composé le numéro du CHU de Dijon pour prendre rendez-vous.

Je devais regarder la vérité en face et savoir, enfin savoir…

Inutile de vous dire que je suis partie à ce rendez-vous avec la peur au ventre et des millions de questions dans la tête…

Fibrome: enfin des réponses

Je crois que je n’ai jamais autant angoissé que dans cette salle d’attente au milieu de toutes ces femmes au ventre rebondi.

Quand mon tour est venu, j’ai cru que mes jambes allaient me lâcher…

J’ai tout expliqué au professeur qui a été très à l’écoute et compréhensif. Moi qui croyais qu’il allait me disputer d’avoir autant attendu, pas du tout.

Il m’a examinée et a ensuite pris le temps de me faire un schéma pour m’expliquer comment il allait pouvoir intervenir pour retirer ce gros citron.

Je suis sortie de là l’esprit plus léger avec une nouvelle ordonnance pour une IRM, que j’ai faite cette fois-ci!

Quelle angoisse d’ailleurs là aussi! Surtout quand j’ai vu que sur l’ordonnance on me recherchait un cancer… L’horreur totale! Il y en a eu des nuits sans dormir à me torturer les méninges!

Un mois plus tard, je passais cet examen.

Si vous devez en passer une, pas de panique, c’est totalement indolore.

Le seul désagrément a été le lavement… Avec mes problèmes intestinaux, j’ai mis une bonne semaine à m’en remettre (glamour!!!).

Pour la suite de l’examen, l’infirmière qui s’est occupée de moi a été adorable et m’a beaucoup rassurée surtout en me disant que le cancer était systématiquement recherché et qu’il n’y avait pas de raison de s’allarmer.

En fait, on est juste allongée dans un tunnel (assez spacieux et clair) et il n’y a qu’à attendre sans bouger. Seul le bruit est désagréable mais on a un casque avec de la musique sur les oreilles.

L’examen a duré environ 20 minutes et j’ai dû attendre une bonne dizaine de jour pour recevoir le résultat.

Résultat qui était celui attendu un fibrome de 8×9 cm.

Fibrome: la suite

J’ai revu le professeur (pas celui de la Casa de Papel!) en début de mois pour que l’on discute de l’intervention et pour la programmer.

Dans le courant de l’automne, il va m’opérer pour retirer l’objet de toutes mes angoisses. L’opération va être lourde et assez douloureuse mais je veux la faire, je veux tenter.

Elle va me laisser une belle cicatrice mais je m’en fiche, au moins celle-ci de cicatrice sera visible.

Ensuite va s’en suivre une longue période d’immobilisation et de récupération.

A l’issue de tout ça et après les examens de contrôle, on envisagera l’avenir!

J’avoue qu’en ce moment, je suis tiraillée entre la peur de l’opération et de la douleur (mais aussi de ne pas me réveiller!) et l’espoir.

Pour me changer les esprits et ne pas trop penser, je me mets à fond dans le travail et le sport…

Voilà, vous savez tout.

J’en suis là à présent.

J’espère sincèrement que ce billet pourra aider les femmes qui sont dans le même cas que moi, ou d’autres cas même.

Les problèmes de grossesse, la fertilité sont des sujets dont on ne parle pas beaucoup… J’ai l’impression que même encore en 2018, ces sujets sont assez tabous et délicats à aborder.

Je ne suis pas entrée dans tous les détails volontairement pour que cet article ne soit pas trop long mais si vous avez des questions, je suis à votre disposition dans les commentaires ou en message privé.

Ecrire est pour moi une forme de libération, je vous l’ai déjà dit, et mettre des mots sur tous mes maux m’a fait du bien.

Merci d’avoir pris le temps de me lire,

A très vite pour le retour des futilités!

XXX

By Vanessa, 30 juillet 2018
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