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J’ai peur

juillet 21, 2016 Vanessa - 2 commentaires

C’est un état de fait et un constat, il faut bien se rendre à l’évidence à un moment ou à un autre…

Oui j’ai peur.

J’ai peur de ce monde qui perd la raison, de notre soi disant race supérieure à nous: les Hommes…

Cette race supérieure qui détruit chaque jour un peu plus la planète extraordinaire qui lui a donné la vie, qui l’héberge et la nourrit…

Cette race supérieure qui pense avec son intelligence surdéveloppée qu’elle a le droit d’utiliser les autres espèces pour se divertir, faire de l’argent, se nourrir sans plus aucun respect ni commune mesure…

Cette race tellement supérieure qu’elle se détruit entre elle… A ce propos, je ne pense pas qu’il faudra attendre la prochaine comète qui percutera la Terre pour que les Hommes disparaissent comme les dinosaures en leur temps … Les Hommes se chargeront de leur extermination eux-mêmes s’ils continuent comme ça…

Vous allez penser que j’ai des idées bien sombres et vous avez raison mais je dois dire que depuis une semaine tout ceci me travaille encore plus qu’avant et m’empêche bien souvent de dormir.

Peut être est-ce à cause de toutes ces images qui envahissent chaque jour nos téléphones, nos télévisions, notre vie?

Certainement… Nous sommes une génération visuelle, un peu trop même à mon goût.

Toujours est-il que j’ai l’impression de me retrouver dans le Cinquième Elément au moment où Milla Jowovitch apprend l’histoire de notre monde en accéléré… Toute cette beauté gâchée par toutes ces horreurs et atrocités…

Aussi loin que je me souvienne, j’ai été confrontée à mes premières images marquantes en matière d’attentat lors du détournement de l’avion dans les années 90. Je devais avoir 12 ou 13 ans et je n’y comprenais pas grand chose. Tout ce dont je me souviens c’est que ça m’avait fait peur et que je ne voulais pas voir ça.

Ensuite, il y a eu le 11 Septembre. J’étais au lycée quand ma mère m’a envoyé un texto me disant de rentrer à la maison, qu’il se passait quelque chose de grave.

A cette époque, il n’y avait pas les réseaux sociaux et il fallait regarder la télé ou écouter la radio pour avoir les informations en direct!

Je me souviens être restée toute la fin d’après-midi et la soirée scotchée devant mon écran de télé à ne pas comprendre…

Des avions, des explosions, des tours qui s’effondrent, des corps, des morts… Mais pourquoi?

Ce n’est qu’ensuite que tout m’a été expliqué… Mais je n’ai pas plus compris au final… Au nom de quoi peut-on commettre une telle horreur?
Une question qui résonne encore aujourd’hui dans ma tête et dont je n’ai toujours pas la réponse.

Plus récemment, en Janvier 2015, alors que je menais ma petite vie tranquille de française provinciale, l’horreur a encore envahi mes écrans.

Un nouvel attentat, à Paris cette fois, puis un second, puis un troisième…

Des dessinateurs, des journalistes, des policiers, des anonymes, tués comme ça délibérément presque sous nos yeux.

Une fois encore je suis restée à regarder les informations en continue pendant des heures sans trop savoir pourquoi. Juste pour savoir et essayer de comprendre ce qui était en train de se passer.

Il y a eu les rassemblements dans les villes, les messages d’espoir et d’unité, et puis…

Alors que la vie avait presque repris son cours « normal », les attentats de Paris ont eu lieu…

Le Stade de France, le Bataclan, les terrasses des cafés parisiens que j’aime tant… Toutes ces personnes qui ne demandaient qu’à passer un bon moment tuées comme ça par des monstres déshumanisés…

L’horreur a encore franchi une étape ce soir là mais curieusement je n’ai pas ressenti la peur cette fois-ci.

Au contraire, une volonté de sortir, d’aller voir des spectacles, de passer du temps à Paris, de dire non à tout ça, s’est emparée de moi…

Jusqu’au 14 Juillet 2016.

L’été, la fête nationale, les feux d’artifice, la mythique Promenade des Anglais, du monde venu s’amuser et profiter, un camion, un autre monstre… Et des vies arrachées à des innocents.

Au matin du 15 Juillet quand j’ai découvert les images de ce carnage, la réalité m’a percuté en pleine face: ça aurait pu être nous, ça aurait pu être moi.

Le surlendemain alors que j’étais sur la plage, je me suis prise à penser que rien ne pourrait empêcher l’un de ces terroristes de venir tranquillement ici et de se mettre à tuer tout le monde…

Comment j’ai pu en arriver là? Parce que c’est tout simplement la réalité…

Oui j’ai peur de ce qui va se passer alors que je ne devrais pas, j’ai peur de ce qui va arriver à mon pays…

J’ai envie de continuer à me sentir en sécurité, à sortir, à visiter toutes les villes qui me font envie, à assister à des rassemblements, à porter ce que je veux sans risquer de me faire poignarder, à visiter le monde et ses trésors sans que des fous saccagent les monuments historiques comme ce qui est arrivé à Palmyre… De vivre dans un pays libre tout simplement!

Est-ce parce que je suis en train de construire mon foyer et que je pense à l’avenir que je réfléchis plus qu’avant? Je ne sais pas mais tout ce que je sais c’est que je n’ai pas envie de mettre un enfant au monde si c’est pour voir tout ça alors que notre univers regorge de choses magnifiques.

Que va-t’il se passer? Qu’allons-nous faire? Je n’en ai pas la moindre idée malheureusement.

J’irais bien m’exiler au pays lointain des Bisounours mais je ne crois pas que ce soit possible alors il va falloir faire face et passer outre ce sentiment de peur.

Ce post, je ne savais pas si j’allais le publier. A vrai dire, je l’ai écrit cette nuit dans ma tête quand je n’arrivais pas à dormir et j’ai attendu de me lever pour allumer mon ordinateur et le retranscrire.

Pardonnez-moi si pour ce long texte trop pessimiste et peut être maladroit parfois mais j’avais besoin de vous parler de mon ressenti et d’écrire… Je dois avouer que pour moi écrire est une forme de thérapie pour extérioriser ce que je pense au fond de moi et le but principal de ce blog est le partage alors voilà… Je partage… Le bon comme le moins bon!

Je vais conclure ce billet ici sur des paroles de Nelson Mandela:

« En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant« .

Alors scintillons le plus possible et le plus longtemps possible…

Je vous embrasse fort…

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