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MOTD #3 – L’anorexie, les angoisses et moi…

janvier 17, 2016 Vanessa - 3 commentaires

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article très particulier et beaucoup, beaucoup moins léger que d’habitude sur un sujet qui me touche beaucoup: l’anorexie et les angoisses. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

Je n’ai pas l’habitude de me livrer sur ce sujet très sensible mais après avoir une fois de plus lu des choses qui m’ont interpellée sur les réseaux sociaux, j’ai décidé de franchir le cap et de vous raconter mon histoire et mon ressenti concernant ces problèmes qui sont graves, vraiment très graves et qui ne doivent pas être pris à la légère.

Je n’ai pas choisi d’écrire ce billet pour faire un étalage de ma vie mais j’espère qu’il pourra peut être aider des lectrices ou des lecteurs, des parents qui s’inquiètent pour leurs enfants, des amis… Je ne sais pas… ou encore redonner de l’espoir à des malades… Je profite de ma petite visibilité pour aborder ces troubles qui pourrissent la vie d’un trop grand nombre de personnes.

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Dans mon cas particulier, j’ai toujours été quelqu’un de très angoissée. Je me souviens que petite, j’avais des angoisses même si elles n’avaient pas du tout lieu d’être… J’ai eu une enfance très heureuse, j’ai toujours été très entourée… Mais le mental fait bien souvent un peu ce qu’il veut…

J’ai eu une très forte période d’angoisses l’année de quatrième. J’étais pourtant une bonne élève et j’aimais beaucoup aller au collège mais tous les matins, j’avais le ventre noué et bien souvent je vomissais… Pourquoi? Impossible de savoir… Jusqu’au jour où j’ai eu ma correspondante allemande une semaine à la maison et là… Plus rien, d’un coup…

Jusqu’en milieu d’année de troisième… Tout a basculé à nouveau et la spirale infernale a commencé à m’entraîner vers le bas, dans le noir, un peu plus chaque jour.

J’avais mal au ventre tous les matins, je n’arrivais plus à m’alimenter correctement… J’avais une boule dans la gorge en permanence. J’ai réussi à terminer mon année correctement mais j’avais de plus en plus de vertiges et je m’affaiblissais à mesure que le temps passait.

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Les troubles se sont amplifiés et j’ai dû abandonner le lycée en milieu d’année. Les sorties devenaient impossibles. J’étais prises de malaises à peine la porte passée… Le cercle vicieux était bien installé… Et je ne pouvais rien y faire, mes parents ne pouvaient rien y faire, le médecin ne pouvait rien y faire… Je restait chez moi, dans ma chambre, seule et plus rien ne me faisait envie.

Je ne mangeais plus, je ne pouvais plus manger en réalité, mon estomac se rétrécissait de plus en plus, je n’avais plus de tension, je faisais malaises sur malaises, mes cheveux tombaient de manière impressionnante, j’ai eu des problèmes de dents… L’horreur…

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne suis pas tombée dans l’anorexie parce que je me trouvais trop grosse… Je trouve que cette association est un peu réductrice et qu’on ne parle pas assez des autres causes de cette maladie. Je ne sais pas pourquoi je suis tombée malade, pourtant, les causes, je les ai cherchées longtemps et je les cherche toujours… Je crois que je ne saurai jamais.

Je vous résume un peu parce que sinon ce billet va durer mille ans… J’ai développé parallèlement à l’anorexie un autre trouble appelé émétophobie (la peur de vomir, oui je sais c’est débile à lire comme ça mais c’est une vraie phobie qui pourrit réellement la vie). J’avais une impression d’être malade en permanence et ça m’empêchait encore plus d’essayer de remanger correctement…

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Tout cela a duré presque trois ans, j’ai bien cru que plus jamais je n’aurai une vie normale mais à force de travail sur moi et de volonté, j’ai réussi à m’en sortir.

Je me suis mise à faire un peu de sport pour retrouver un peu de formes (dans tous les sens du terme!), à danser à nouveau, et après beaucoup d’efforts, j’ai enfin pu remonter sur les podiums des défilés!

Le parcours a été long, difficile, et il l’est encore parfois car je pense que malgré tous les efforts que l’on puisse faire, ces troubles sont toujours un peu là, cachés en nous, alors il faut être vigilant…

Voilà, vous connaissez un petit bout de mon histoire personnelle. J’espère qu’elle pourra vous aider si vous êtes dans ce cas, ou si vous connaissez quelqu’un dans ce cas.

Parents, amis de malades, soyez présents pour eux, même si parfois ils ne sont pas toujours très sympas et surtout bien souvent ils ne veulent pas admettre qu’ils ont un problème. Cette maladie alimentaire est grave et doit être prise très au sérieux, trop de personnes en meurent chaque année.

Si vous me lisez et que vous êtes atteints d’angoisses, d’anorexie, de boulimie, gardez espoir et accrochez vous, on peut se sortir de là, même si c’est un combat très difficile… J’y suis arrivée alors vous le pouvez aussi…

Je termine ici ce billet j’espère vraiment avoir trouvé es mots justes et je vous donne rendez-vous dès mardi pour des posts beaucoup plus légers, c’est promis.

Bisous

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