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Maternité

Post partum sans tabou: je vous dis tout

Aujourd’hui, j’écris cet article car je suis en colère et fatiguée. Martin vient d’avoir 10 mois et je voulais partager mon expérience du post partum sans tabou. Les langues commencent tout juste à se délier à ce sujet, notamment grâce aux réseaux sociaux, mais il y a encore beaucoup de flou autour de cette période à laquelle, clairement, je n’étais pas préparée (et pourtant, je croyais l’être!).

Comme pour tous mes billets « humeur », je vais vous parler comme je le ferais à une copine alors mon texte ne sera peut être pas aussi construit et ordonné que d’habitude. Le but ici est de vous livrer mes émotions pour que l’on échange et partage ensuite.

Je me dis que, comme j’ai pu le faire au début de mon combat pour la maternité avec mon fibrome ou en vous parlant du syndrome de l’intestin irritable, ou encore comme je l’ai fait pour mes TCA, ces quelques lignes pourront peut être aider des lectrices…

Post partum sans tabou: des mots sur mes maux

Quand je lis la définition du post partum, je ne peux pas m’empêcher de sourire: « période de six semaines suivant la naissance… »

Six semaines… Sérieusement?

Personnellement, j’en suis à 10 mois et je commence tout juste à sortir la tête de l’eau!

En toute honnêteté, je ne pensais pas que cette période allait être si intense, dure autant physiquement qu’émotionnellement et remplie de bonheur (parce qu’au final, c’est quand même cela que l’on retient!).

Bien entendu, même si j’aborde des sujets sombres du post partum, il n’y a pas que cela. Ces 10 mois ont aussi été jalonnés de moments de joie exceptionnels!

Voir un petit être évoluer, grandir, s’éveiller… Ce sont des émotions incomparables et je suis chaque jour remplie de gratitude pour cette chance qui m’a été donnée.

Pour rien au monde je voudrais revenir en arrière mais malgré tout, je pense qu’il est essentiel d’extérioriser tout ce qui s’est passé en moi depuis la naissance de mon fils.

Je ne me plaindrai pas…

Ces mots ont été mon mantra depuis que ma grossesse a débuté.

Pourquoi? Tout simplement parce que je m’étais tellement conditionnée à ne jamais pouvoir devenir maman, que lorsque j’ai su que j’étais enceinte, je me suis dit que je ne devrai pas me plaindre, en quelque sorte par respect pour toutes les femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfant ou qui ont perdu leur bébé.

Ce miracle avait eu lieu pour moi et quoiqu’il arrive, je devais être forte et ne jamais me plaindre.

J’ai alors serré les dents dans les moments difficiles et encore plus après la naissance.

Comment aurais-je pu oser me plaindre alors que mon bébé était là, en bonne santé et que tout se passait plutôt bien?

Et puis, après l’épisode douloureux des coliques du nourrisson, aux alentours de sept mois, Martin a commencé à avoir des soucis de sommeil. J’ai enchainé les nuits quasi blanches, j’ai continué à travailler, à suivre mes formations pour réaliser mes projets professionnels… Jusqu’à l’épuisement et toujours sans oser me plaindre, parce que je ne m’en sentais pas légitime.

C’est ma faute, j’aurais partagé ce que je ressentais, cela ne se serait peut être pas passé comme cela.

Mais encore une fois, je me suis battue pour devenir maman alors je ne devais pas montrer ces failles… Erreur.

Si j’ai un conseil à vous donner, si vous ne vous sentez pas bien, parlez-en à quelqu’un.

Pour ma part, j’ai trouvé du réconfort auprès d’une amie blogueuse et jeune maman. Elle m’a rassurée et déculpabilisée et ça m’a fait un bien fou!

Le sentiment d’abandon

Après la naissance de Martin, le sentiment que j’ai le plus ressenti c’est l’abandon.

Pendant la grossesse, les femmes sont très entourées, voire trop par moment (consultation sage-femme chaque mois, échographies, analyses…), mais une fois le bébé arrivé… Deux consultations sage-femme à domicile, quelques séances de rééducation du périnée et ciao!

C’est fini.

Maintenant, j’attends les visites chez le pédiatre avec impatience et je fais des listes pour poser toutes mes questions (même celles qui peuvent paraitre débiles). Malgré tout, j’ai souvent l’impression de ne pas être vraiment écoutée.

Parce que clairement, moi en terme de bébé, je n’y connais rien! J’apprends au fur et à mesure… Je lis beaucoup, je me documente, je demande des conseils à mes copines mamans et surtout à ma super nounou mais face à un bébé qui pleure soudainement sans  raison, qu’est-ce que j’ai pu me sentir démunie et abandonnée (un peu moins aujourd’hui heureusement!)!

Egalement, si je mets de côté l’aspect « bébé », de mon côté aussi, je me suis sentie abandonnée

Les changements

La fatigue, les douleurs liées au post partum, toutes ces émotions qui se bousculent, les changements physiques… De nombreux points pas toujours faciles à accepter et à supporter dont on ne parle pas trop et qui m’ont plongée dans une grande solitude.

Là encore, je ne me sentais pas légitime de me plaindre…

Oui, j’ai pris une taille de vêtements, j’ai encore du mal à accepter mon nouveau corps et paradoxalement, je me sens toujours trop fatiguée pour reprendre le sport régulièrement. J’en ai envie mais pas le courage… Le soir quand Martin dort, tout ce que je veux c’est me vautrer dans le canapé devant la télé et me reposer un peu… Même si je sais pertinemment que j’ai encore du travail qui m’attends. Je suis épuisée!

J’en suis arrivée à arrêter de faire des photos (parce que clairement je me trouve moche et me retrouver face à mon image, j’ai beaucoup de mal!) et à couper les réseaux sociaux pour ne pas me prendre en pleine face les wonder mums qui, trois semaines après avoir accouché ont déjà retrouvé leur ventre plat et leur corps parfait… C’était trop pour moi et j’avais encore plus envie de me replier sur moi-même…

Déjà que je suis une solitaire, mais alors là, c’est encore pire!

Pour contrer tout cela, j’ai décidé de me reprendre en main.

J’ai essayé tout mon dressing et je n’ai gardé que ce qui m’allait bien et me mettait en valeur.

Je me force à m’habiller autrement qu’avec mon uniforme jean/tshirt et à me retrouver.

Je m’accorde 10 minutes par semaine pour faire un masque visage ou une manucure et j’ai pris rendez-vous chez le coiffeur pour changer de tête.

Des futilités mais qui font du bien!

Besoin de temps

Autre aspect qui m’a suivi tout au long de ces 10 mois: le manque de temps.

S’occuper de ce petit bonhomme prend tout mon temps ou presque. Moi qui n’avais que ma personne à m’occuper, ma vie a pris un tout autre tournant en Août dernier.

Je savais à quoi m’attendre, évidemment, mais ce que j’ignorais c’est que parfois, les siestes se résumeraient à un peu plus de 30 minutes et qu’ensuite bébé n’accepterait pas d’être posé un instant.

Franchement, il y a des jours qui m’ont paru interminables et où je guettais l’heure du retour de travail de mon mari avec impatience pour ne serait-ce qu’aller aux toilettes tranquille!

Je rêvais de pouvoir travailler, passer l’aspirateur, manger… plus de 5 minutes sans être interrompue.

J’ai été extrêmement frustrée dans mon travail et ça m’a beaucoup miné le moral; même si j’adore mon nouveau job de maman!

Heureusement, maintenant, tout va bien mieux. Martin fait régulièrement de bonnes siestes, il joue en autonomie plus longtemps et tout devient plus simple…

Je suis également mieux organisée pour être focus sur ce que j’ai à faire quand il se repose et 100% avec lui lorsqu’il a besoin de moi.

On trouve notre rythme petit à petit!

Je n’arrive pas encore à venir à bout de mes to do listes mais ce n’est pas grave. Je fais de mon mieux!

La culpabilité et la colère

En 10 mois, je crois que je n’avais jamais autant culpabilisé de toute ma vie…

Mon fils pleure, je culpabilise. Mon fils ne fait pas une bonne sieste, je culpabilise. Mon fils ne mange pas tout son repas, je culpabilise…

J’aurais peut être dû opter pour la DME, j’aurais peut être dû le laisser plus pleurer, j’aurais peut être dû plus le rassurer…

Tout ça enrichi par les croyances de chacun, les conseils pas toujours bien avisés des uns et des autres et les fausses vies parfaites des réseaux sociaux… Depuis que je suis maman, je passe mon temps à me remettre en question.

Mais ce que j’ai appris au fil du temps c’est que je dois avant tout m’écouter.

Lorsque Martin dormait mal, j’ai souvent passé la nuit avec lui et, malgré ce que j’ai pu entendre, au final, il a été rassuré et il a pu petit à petit refaire des nuits complètes seul dans son lit.

Il n’y a pas à dire, mais l’instinct maternel, c’est quelque chose de fort!

Comme je le disais en introduction, j’ai également ressenti beaucoup de colère pendant ce post partum.

De la colère car je ne me suis pas sentie aidée ni suivie par les professionnels.

Mais encore une fois, c’est un peu de ma faute. Si je m’étais plainte, peut être que cela aurait été différent. ça je ne le saurai jamais mais je trouve quand même que les femmes sont un peu trop livrées à elles-mêmes une fois qu’elles ont accouché.

Prenons le cas de la césarienne (c’est de cette manière que j’ai accouché), ce n’est pas un acte anodin, je pense que tout le monde est d’accord là-dessus… Je ne vous fais pas de dessin mais on ouvre le ventre pour aller chercher le bébé…

Vous demanderiez à une personne qui s’est faite opérée du ventre de se lever le soir même et de s’occuper d’un nourrisson dès le lendemain? Non, bien entendu… Et bien pourtant c’est ce que l’on demande aux femmes qui viennent d’accoucher!

Et puis, parlons de la durée des congés maternité et paternité… Bref… Je suis en colère pour toutes ces raisons!

Post partum sans tabou: le positif

Si vous me demandez ce que je retiens de ces 10 mois post partum, je vais vous répondre sans hésiter: le bonheur, l’amour inconditionnel, les rires, la fierté, la gratitude et ensuite viendront la fatigue, le doute, la colère…

Le positif prend le dessus sur tout, même sur le plus difficile.

Mais en écrivant cet article, je voulais mettre en lumière des aspects de cette période dont on ne parle pas encore assez à mon sens.

Personnellement, je sais que je dois m’estimer heureuse. Martin est un petit garçon en pleine forme, avec quelques soucis comme beaucoup de bébés, mais rien d’important. Je me mets à la place de toutes les mamans dont les enfants sont malades ou souffrent de handicap. Je comprends aujourd’hui d’autant plus leur combat.

Je comprends également mieux le terme de « dépression post partum » et je pense que si je n’avais pas été soutenue et écoutée, malheureusement, je serais passée par là.

Si je peux vous donner quelques conseils tirés de ma petite expérience:

  • parlez le plus possible et exprimez vos émotions. Ecrivez-les si vous préférez ou parlez-en à un professionnel.
  • prenez un peu de temps pour vous. Ne vous oubliez pas. Et je sais très bien que c’est plus facile à dire qu’à faire!
  • soufflez de temps en temps. Si vous le pouvez, confiez bébé à son papa, à une mamie, à une amie… Même quelques minutes, parfois, ça fait du bien.
  • écoutez-vous le plus possible (laisser pleurer, ne pas prendre trop dans les bras… f***!). Si vous avez envie de prendre bébé dans les bras, prenez-le. Si vous sentez qu’il a besoin de vous pour s’endormir, restez avec lui… Bien sur, il faut écouter les conseils du pédiatre pour tout ce qui est maladie à proprement parler, mais vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce dont votre enfant a besoin.
  • dites-vous que ça ira mieux bientôt. C’est ce que je me répétais pendant la grosse poussée dentaire de Martin. Effectivement cette période était horrible, mais tout a fini par rentrer dans l’ordre!

Voilà, je pense que je peux conclure ce long billet sur le post partum sans tabou en disant tout simplement que le principal n’est pas d’être une maman parfaite mais de faire de son mieux avec tout son cœur pour son enfant.

On est toutes des mamans exceptionnelles!

J’espère que cet article pourra vous aider.

N’hésitez pas à partager votre propre ressenti en commentaire. Ce type de publication est faite pour échanger!

Je vous souhaite une excellente journée et en attendant le prochain post, prenez bien soin de vous!

By Vanessa, 24 juin 2021
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